Obésité : la faute aux bactéries ?

Obésité : la faute aux bactéries ?

Deux études publiées simultanément cette semaine mettent en cause les bactéries de la flore intestinale comme l’un des facteurs responsables de l’obésité. En effet, les personnes présentant un déficit en bactéries intestinales auraient un risque accru de perturbation métabolique, qui favorise la prise de poids.

Un appauvrissement de la flore intestinale pourrait être un facteur de risque de l'obésité.

Les causes de l’

obésité sont nombreuses, en partie environnementales (vie sédentaire, nourriture trop riche et trop abondante…) et en partie génétiques. Selon des chercheurs, elle pourrait aussi être liée à des variations de génome, non pas de la personne même, mais des bactéries présentes dans sa flore intestinale. Ce microbiome intestinal aurait un impact sur l’obésité, d’après les résultats de deux études publiées simultanément le 29 août dans la revue Nature. Une découverte qui pourrait ouvrir la voie à des solutions préventives pour diminuer le taux d’obésité.Une première étude danoise a mis en évidence pour la première fois une nette distinction entre les individus possédant une flore intestinale “riche“ et ceux présentant une flore intestinale “pauvre“. En étudiant, le microbiome de 292 individus (123 non-obèses et 169 obèses), ils se sont aperçus que le nombre de gènes microbiens (donc la diversité bactérienne) diffère de manière très importante entre les individus. Le groupe déficitaire en bactéries comprenait plus d’obèses (80 %).Certains aliments pour enrichir la flore intestinaleUne seconde étude menée cette fois en France a confirmé ces résultats. Les chercheurs français ont également déterminé quels types d’aliments seraient susceptibles d’améliorer la richesse de la flore intestinale. 49 adultes obèses ou en surpoids ont été soumis pendant six semaines à un

régime riche en protéines et en fibres, et pauvre en calories. Ce régime a conduit à une  “amélioration  attendue des caractéristiques cliniques des individus étudiés (perte de poids, du tissu graisseux, amélioration des paramètres métaboliques), mais aussi à une augmentation de la richesse des communautés bactériennes intestinales initialement pauvres“.La corrélation entre perte de poids et augmentation de la richesse bactérienne permet aux scientifiques d’affirmer que “l’ensemble des signes cliniques liés à l’obésité pourraient être corrigés, ou encore mieux, prévenus, par la détection précoce de l’altération du microbiote et grâce à des recommandations nutritionnelles adaptées“.Les conclusions de ces deux études pourraient conduire à une nouvelle médecine préventive des maladies chroniques. Jusqu’à présent, c’est une médecine curative qui prime. Son poids financier est de plus en plus difficile à supporter par les sociétés. En effet, comme le rappelle l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), “environ 400 millions d’individus adultes“ étaient obèses en 2005. L’obésité “concernera plus de 700 millions de personnes en 2015 et continuera d’augmenter“.

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